Précisions sur la nomenclature de l’Immortelle d’Italie

Un certain nombre d’erreurs de nomenclature est trouvé dans les articles consacrés à l’Immortelle d’Italie exploitée en France pour la parfumerie, les cosmétiques ou l’aromathérapie, ce qui a déjà été problématique dans le passé pour la production (mise en culture du mauvais taxon) et qui pourrait l’être dans le futur pour l’utilisation : que consomme-t-on exactement ?

Dans ces domaines, tout devrait avoir une dénomination précise et exacte.

Voici un petit point sur le sujet :

– Le seul taxon cultivé en France pour ces industries est Helichrysum italicum ssp. italicum. Origine naturelle : Corse (dit commercialement «Immortelle de Corse»), Italie et Balkans (dit commercialement «Immortelle des Balkans»).

Pourquoi parle-t-on de l’Immortelle de Corse et de l’Immortelle des Balkans ? C’est la même espèce et même sous-espèce, mais ce sont 2 «écotypes différents» dont les huiles essentielles (entre autres) n’ont pas la même composition chimique. Pour faire simple, l’origine Corse est riche en acétate de néryl (25-45%), alors que celle d’Italie et des Balkans en est presque dépourvue (moins de 10%).

– La sous-espèce H. italicum ssp. serotinum (origine : Languedoc-Roussillon, péninsule Ibérique) n’est pas exploitée car elle renferme des quantités infimes d’huiles essentielles. Et pourtant cette dénomination est souvent retrouvée sur des flacons d’huiles essentielles et produits
cosmétiques… C’est une erreur de nomenclature fréquemment rencontrée.

– Un récent article américain dans une célèbre revue sur les PPAM* essaye de faire le point, entre-autre nomenclatural, sur l’immortelle et introduit, à tort, une 3ème sous espèce H. italicum ssp. microphyllum en la substituant purement et simplement à H. italicum ssp. italicum. Pour information, cette sous espèce microphyllum existe bien, et même en France, aux environs de Bonifacio sur sol calcaire (et dans quelques îles méditerranéennes), mais n’est pas exploitée industriellement. H. italicum ssp. italicum est, dans la nature, une plante de sol
plutôt acide.

On peut trouver toutes ces informations dans les documents les plus fiables qui soient : les flores (de France et d’Europe…) reconnues officiellement, pour peu qu’on accompagne ces consultations d’un suivi de la mise à jour nomenclaturale de ces ouvrages. La nouvelle flore de France faisant référence vient de sortir (Flora Gallica).

Comparaison d’écotypes et de populations au CNPMAI Comparaison d’écotypes et de populations au CNPMAI H. italicum ssp. italicum écotype «Corse»
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